Le métier de photoreporter de guerre.
Un reporter photographe se confie...
Dix années de photos de guerre
Soweto, Afrique du Sud, 1985
Vidéo
Afrique, Asie, Amérique Latine
Jean-Paul Mari reçoit deux photoreporters. Jean-Luc Moreau est allé deux fois à Mogadiscio en Somalie. En 2002, il a été accueilli par un tir violent (...) Videos 10 avril 2007 En savoir plus
"" Je suis grand-reporter. Trente ans que je couvre les guerres du monde. Au début, je ne savais pas ce qui m’attendait. Massacres, charniers, tortures et viols, j’ai plongé dans la nuit. Très vite, j’ai remarqué ces hommes que la guerre a rendus fous, héros terrorisé par ses cauchemars, ancien commando soudain muet ou vétéran qui se tire une balle dans la bouche. Ce mal, étrange, est aussi répandu que tabou. Rwanda, Bosnie, Irak, Algérie, Vietnam, Liban... partout, des hommes reviennent brisés. Depuis ce jour où ils ont rencontré leur mort, dans la bouche d’un fusil, le regard d’un ennemi ou les yeux d’un ami. « Pas plus que le soleil, la mort ne peut se regarder en face » disaient les Anciens. À Bagdad, mon hôtel a reçu un obus. J’ai vu un confrère couché sur la moquette. À la place du ventre, il y avait une tache blanche et nacrée. Ce jour-là, j’ai commencé mon enquête. Elle m’a mené dans plusieurs pays. J’ai interrogé les combattants et les psychiatres, fouillé les livres, la peinture et les films, l’ethnologie et la mythologie. Une chose est sûre : si on n’affronte pas la douleur de la guerre, elle nous tue. Il faut fouiller en nous-mêmes et se reconstruire pour trouver la guérison. Oui, on peut mourir, survivre et revivre. Et ce mal ne nous parle que de vie et d’humanité. Ceci est ma plus grande enquête. ""
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