Le joli mois de Mai est là ; avec lui, les actus culturelles du grand reportage. Quid en revanche d’Hervé Ghesquière et de Stéphane Taponier ?
Pour soutenir les deux journalistes de France 3 enlevés en Afghanistan le 29 décembre 2009, signez la pétition de Reporters Sans Frontières.
Bonne lecture à vous,
Sincèrement,
Aurélie Taupin
Livres
A l’ombre de l’horreur
Elle a fait de sa vie un combat pour le respect des droits de l’Homme en Tchétchénie. Les prix internationaux les plus prestigieux, dont le prix du journalisme et de la démocratie, décerné par l’OSCE, et le prix Olof Palme pour les droits de l’Homme, ont salué le courage de ses reportages pour la Novaïa Gazeta. Mais d’aucune reconnaissance n’a pu protégé sa vie.
Anna Politkovskaïa a été tuée en 2006. Elle avait 48 ans. Trois ans plus tôt, elle avait lancé à son peuple, aux Tchétchènes et aux puissances internationales, un ultime appel à se ressaisir. Sa supplique s’adressait à tous, à l’exception de Wladimir Poutine. La dissidente ne faisait les choses que quand elle jugeait que cela en valait la peine.
« Pourquoi je n’aime pas Poutine » est le dernier chapitre de son récit documentaire, « Tchétchénie, le déshonneur russe ». Elle y décrypte les manœuvres de l’ancien lieutenant-Colonel du KGB pour exacerber le racisme anti-tchétchène : l’absence de programme de réconciliation nationale, la légalisation de la justice sommaire et la restauration des méthodes néo-soviétiques. Le n°1 russe a fédéré son peuple autour du terrorisme tchétchène, un ennemi que ses politiques ont contribué à fabriquer pour renforcer son pouvoir.
En 2003, à la parution de son livre-témoignage, l’acharnement d’Anna Politkovskaïa à dire au monde ce qui se passe chez les « Culs noirs » ainsi que les Russes surnomment les Tchétchènes, lui a déjà valu d’être battue, arrêtée et victime d’un simulacre d’exécution. On la menace, on veut la faire taire. Sans succès.
« Tchétchénie, Le déshonneur russe » dénonce la barbarie qui s’abat sur la population tchétchène condamnée au silence. On y découvre l’horreur - sans graduation. Violations des Droits de l’Homme, crimes de guerre, zatchistka (expéditions punitives et enlèvements de personnes), arbitraire, vengeances aveugles, humiliations et pillages sont le quotidien des civils. En face, leurs bourreaux, des gosses de 20 ans, eux-mêmes victimes de la machine à broyer russe. Et la folie, la démence des soldats qui ravage tout, sans que personne ne la sanctionne, ni ne la soigne. Pas plus à Grosny où elle sert le pouvoir, qu’à Moscou où elle est craint par tous, à commencer par les tribunaux militaires.
Qu’est-ce qui dérange le plus alors à la lecture de ce livre, que l’horreur existe – ou que l’horreur soit tue ? Je laisse la parole au silence des actualités.
Anna Politkovskaïa, « Tchétchénie, le déshonneur russe », Préface d’André Glucksmann, Folio Documents, 2007
A l’ouest ? Rien de nouveau
La zone verte est un bien étrange pays. Ultra-sécurisée, américanisée, elle ressemblerait presque à une banlieue d’une ville moyenne américaine s’il n’y avait quelques barbelés de trop et des jetons en plastiques à la place des dollars aux caisses des supermarchés. Entre parts de pizza géantes et glaces crémeuses à souhait, pick up flamboyants et drapeaux américains, l’American way of life rassure ses soldats. Dehors, l’inconnu pour certains, l’horreur pour les autres. Pas de place pour le doute. Les Américains le disent : ils sont là pour rétablir la sécurité.
Tout semble décalé, inadapté, absurde. Pour patienter et garder du recul, Adrien Jaulmes a emporté son propre manuel de survie : « Alice aux pays des merveilles » de Lewis Carroll. Grand reporter au Figaro, lauréat du prix Albert Londres et du Prix Bayeux des Correspondants de guerre, il a couvert l’invasion de l’Irak en 2003, avant de revenir dans ce chaos, embeded avec la dixième division de montagne. Ici, l’Irak est double, triple, voire quadruple. Celui de la zone verte – irréel, presque virtuel – contraste avec le pays en guerre, traversé par la peur, la tension, l’incompréhension et la mort. Que comprennent les jeunes « Redneck » au clivage religieux des Sunnites et Chiites ? Pas grand-chose. Pas plus sans doute que les raisons de leur présence sur le sol irakien.
Adrien Jaulmes pose sur l’armée américaine un regard critique. Opérations de déminage, arrestations de présumés ennemis, rencontre confuse avec une autorité irakienne, il rend compte des impasses, livrant tantôt les failles, tantôt les abysses d’un système. A défaut de pouvoir défendre des populations, l’Amérak protège-t-elle ses soldats ? Le séminaire d’aide psychologique répond en inscrivant une nouveauté à son programme : « Prévention du suicide et rééducation post-traumatique ». Une nouvelle explosion résonne alors depuis Bagdad ? Sans doute ; à l’ouest, rien de nouveau.
Adrien Jaulmes, Amérak, Editions des Equateurs, 2009.
Les humiliés du progrès
« Il n’y a pas les négriers d’un côté et les précaires de l’autre. On est tous partie prenante de la précarité. » résume ce 12 avril 2010 Florence Aubenas sur France Inter. Isabelle Giordano a réuni sur son plateau l’auteur du « Quai de Ouistreham » et le précurseur du journalisme d’immersion, l’auteur de « Tête de Turc », Günter Wallraff, qui vient de publier « Infiltré parmi les perdants du meilleur des mondes ».
Le témoignage de Florence Aubenas ne juge pas ; il ne donne pas de leçon. Il rapporte les faits. Elle prend la peau d’une femme seule, âgée de 48 ans, sans expérience professionnelle, qui a le bac pour tout bagage. Elle élit domicile à Caen - sans voiture. Que peut-elle espérer trouver ? Quel accueil lui est-il réservé dans les pôles emplois et autres organismes officiels ? Quelle écoute lui accorde-t-on – ou plutôt combien de minutes avant de statuer de son sort ? Quelles sont les offres d’emplois proposées ? Florence Aubenas en choisissant l’anonymat s’inscrit dans un genre qui tend à disparaître : le journalisme d’investigation. Elle témoigne du statut des précaires, de leurs conditions de vie, des humiliations qui balayent chaque jour tout espoir devant leur porte. L’âge ne veut plus rien dire. Le jeune de 25 ans peut être déjà un Sénior en détresse. La spirale absorbe, le cercle vicieux se boucle, l’étaux se referme. L’individu devient soumis pour survivre.
Florence Aubenas écoute, observe. Pas de voix off. Elle retranscrit, décrit, laisse le lecteur à son bon jugement. Elle, elle sait qu’elle arrêtera le jour où elle décrochera un CDI. Mais pour eux ? Quel avenir pour les vrais chômeurs exposés à tous les vents de l’exploitation de l’homme par l’homme ? Et encore… quel optimisme d’oser parler d’avenir ! Il serait plus juste de s’interroger déjà sur leur quotidien. Et le nôtre. France Inter demande s’il faut boycotter les compagnies de transport low cost, les supermarchés du moins disant, les fast-foods, les discounts… sans doute, mais au-delà de savoir qui pourra jouer le jeu, reste à découvrir qui le voudra.
Florence Aubenas, « Le quai de Ouistreham », éditions de L’Olivier, 2010
Pour aller plus loin
Florence Aubenas, « Grand reporter », Bayard, Petite conférence sur le journalisme, 2009
Günter Wallraff, « Infiltré parmi les perdants du meilleur des mondes », Editions La Découverte, 2010
A ne pas rater
« Ecriture du réel », en présence notamment de Florence Aubenas, le 11 mai 2010 à 19h30. Réservation indispensable. Pour en savoir plus : Mille-feuilles, tél. 01 43 25 76 67
Revue
Un souffle frais pour le printemps
Avec déjà deux ans et demi d’existence, « L’information grand format », le sous-titre de XXI, est peut-être le secret tant recherché de la potion magique de ce nouveau magazine. A l’heure où la presse s’enfonce dans les sables d’une économie mouvante, ses papiers de fonds sont comme un souffle frais. Pour preuve, les reconnaissances professionnelles pleuvent sur ses auteurs. En 2009, Anna Miquel est lauréate du prix Louis Hachette pour son enquête sur la mort de Philippe de Dieuleveult au Zaïre en 1985, et Sophie Bouillon reçoit le Prix Albert Londres pour son reportage « Bienvenue chez Mugabe ».
Son directeur de publication, Laurent Beccaria, et son rédacteur en chef, Patrick de Saint-Exupéry, pratiquent de facto la nage à contre-courant. Fini le texte format carte postale, l’ère du vite fait mal fait, l’investigation par correspondance. Place à l’enquête et à l’immersion. Pour ce faire, deux règles : des auteurs qui connaissent leur terrain et de « vrais » sujets. Le trimestriel s’inscrit dans une démarche volontaire pour redonner du temps au temps et ce numéro 10 ne déroge pas à la règle. Au hasard de la pioche ? « Dans les bottes de Clint », un voyage aux pays des cow-boys de rodéo proposé par Frédéric Laffont. Clint vit dans une Amérique « qui n’a peut-être jamais existé ». Il parle au téléphone à ses chiens, connaît les chevaux, les mauvaises chutes et les problèmes d’argent, et passe son temps sur la route pour 8 secondes sur une scelle. Qu’importe alors ses convictions sur la lune ou sur l’Irak, il nous compte sa vie et on prend la mesure du mot liberté. Mais attention à l’égarement : « Freedoom is not free » reconnait le cow boy. Une lucidité qui vaut sa superbe.
Vagabondez après comme il vous plaira au grès des écritures et des thématiques - mais lisez au moins cette histoire. Pourquoi n’y aurait-il que le muguet qui s’offre au printemps ?
« La France au Rwanda », Magazine XXI, numéro 10, Printemps 2010. En vente en librairie - ou sur abonnement si vous êtes season-addict !
Audiovisuel
Bafouer les droits de la guerre - ou comment fabriquer des insurgés
Le 26 mars 2010, le Festival International du Grand Reportage d’Actualité décernait le prix Olivier Quemener-Reporters sans frontières au documentaire de Marie-Dominique Robin « Torture made in USA ». En 85 minutes, la réalisatrice démontre la pratique du crime de guerre par l’administration Bush et expose les responsabilités du département d’Etat de Colin Powell et du Département de la Défense de Donald Rumsfeld. Imparable. Le 20 mars 2003, l’armée américaine envahit l’Irak. La raison invoquée - l’Irak est en possession d’armes de destruction massives - se révèle le premier mensonge d’Etat. De nombreux autres suivront. En avril 2004, les photos des tortures et sévices pratiqués à Abou Ghraib fuitent. La presse les publie. La Maison Blanche condamne et accuse. Elle réclame une enquête et montre du doigt les brebis galeuses. Onze têtes tombent. Justice est faite ? Illusion. L’administration se protège. Pire : elle se lave les mains.
Le reportage d’investigation de Marie-Dominique Robin est violent. Les supplices endurés par des prisonniers reconnus innocents pour 90% d’entre eux, sont opposés au silence des hauts responsables de l’administration américaine. Le mémorandum de John Yoo, ancien conseiller de John Ascroft au Département de la Justice, crée le concept de « combattants illégaux », et ce faisant, apporte au gouvernement et à l’Armée une « assurance légale » pour violer les droits de la guerre fixés par la Convention de Genève et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Les auditions réalisées dans le cadre des procès abassourdissent. Outre John Yoo, William Haynes, le chef juridique du département de la défense, David Addington, le chef de Cabinet de Dick Cheney, et Alberto Gonzales, le chef juridique de la maison Blanche ont-ils autorisé ces pratiques ? Plus de souvenirs, disent-ils – ils ont lu tant de notes et signé tant de rapports. Mais encore ? Jugent-ils acceptable qu’un enfant soit torturé devant son père au nom du renseignement ? Ils n’ont pas à se prononcer ; le tribunal à des experts pour cela. Leurs réponses, dépourvues de toute remise en question, sont abjectes d’inhumanité.
Sur le sol américain, les témoignages de militaires, juristes et ONG se succèdent. Tous savaient. Oui, les rapports des agents du FBI (opposés aux pratiques de la CIA) dénonçaient dès le début des « violations évidentes de la loi fédérale ». « Oui, nous avons torturé » reconnaît le Général Sanchez. Oui, il est compliqué d’être dissident aux Etats-Unis. Oui, il sera difficile à l’armée américaine de retrouver l’autorité morale qu’elle connaissait avant d’enfreindre le droit international. Oui, toujours oui. Mais alors pourquoi faut-il qu’en France, ce documentaire ne soit diffusé que par Médiapart en partenariat avec ACAT-France, Amnesty International et Human Rights Watch ? La vérité rendrait-elle frileuse la télévision ?
Marie-Dominique Robin, « Torture made in USA », 85’, Galaxie Presse et le CFRT. Visionner le documentaire en cliquant sur Torture made in USA
Et pour vous, c’est combien une vie ?
Deux ans de travail, huit pays et combien d’histoires ? Dix ans après Pretoria, le procès de la Honte qui opposa en 2001 les malades du sida des pays pauvres aux actionnaires des grands laboratoires pharmaceutiques, Frédéric Laffont fait le point. Qu’en est-il pour les maladies tropicales négligées ? L’accès au soin a-t-il évolué pour les plus démunis ainsi que Médecins sans Frontières le demandait en vain depuis des années ?
Ancien membre de MSF, le réalisateur connait ce combat. Quand Bernard Pécoul, directeur général de DNDi [ndrl : Initiative pour des médicaments pour les maladies négligées, co-fondée par MSF] parvient alors à réunir autour de sa table les labos et les mécènes, il ouvre l’œil. Le paludisme, à lui seul, emporte un enfant dans le monde toutes les 30 secondes. Le Congo, l’Inde, le Burkina-Faso, la Tanzanie, le Mali sont ses royaumes. Tout comme la tuberculose, la maladie du sommeil ou la maladie de Chagas. Le remède ? Rendre les soins accessibles.
Frédéric Laffont enquête. Des dispensaires isolés du Bihar à la fondation Gates à Seattle, du centre malien de recherche sur le paludisme au siège de DNDi en Suisse, en deux ans, son documentaire progresse au fur et à mesure que la Faucheuse recule. Le pari a été remporté : pour un dollar, un traitement curatif sauve aujourd’hui la vie d’un adulte. Pour moitié moins, celle d’un enfant. Un bel hommage aux hommes.
Lauréat de nombreuses récompenses dont le prix Albert Londres, Frédéric Laffont semble toujours guidé par le fil même rouge : le refus de l’indifférence et la lutte contre le fatalisme. Pour des reportages sensibles.
« 1 $ pour une vie », documentaire de Frédéric Laffont, 52’, production Interscoop
Projection suivie d’une rencontre avec le réalisateur à la SCAM, le mardi 20 avril 2010 à 19h30 ; et diffusion le vendredi 23 avril à 22h55 sur Arte.
Séïsme sur le Sichuan
Le 12 mai 2008, un séïsme de magnétude 8 a frappé la province du Sichuan. A 14h 28, en quelques secondes, 70 000 Chinois ont perdu la vie, des milliers d’autres, leurs repères. Le réalisateur Du Haidin s’est rendu sur le terrain dix jours après le drame, puis de nouveau 210 jours plus tard. Son documentaire, s’inscrit dans le cinéma du réel de l’école Jean Rouch. Pas de commentaire donc, mais un fil d’ariane : un personnage hagard, dont tantôt la silhouette, tantôt le regard, lie chaque scène.
Le choc est double. Le paysage de ruines et de désolation d’abord ; l’absence de compassion ensuite. Comme ce paysan qui explique avoir perdu sa belle-fille, son fils, leur fils et… plusieurs cochons. Séquelle de la révolution culturelle ou réaction de survie ? Le réalisateur ne se prononce pas. Il présente l’action limitées des autorités, la détresse des populations, l’évolution de la situation.
Son documentaire suit une lente progression. Quelles sont les attentes, les responsabilités ? Sélectionné au 66e festival du film de Venise, il a été diffusé au Cinéma du Réel. A vous de guetter sa prochaine diffusion.
« 1428 », documentaire de Du Haibin, 122’, production CNEX, diffusion Doc & Film International.
Après le livre, le film
Zone de Texte : © FIGRAEn mai 2009, le Grand Prix des lectrices de Elle était décerné à Jean-Paul Mari pour « Sans blessures apparentes », un document sur les névroses post-traumatiques de guerre.
Dix mois plus tard, à peine le film éponyme achevé, le grand reporter rafle la mise au FIGRA en remportant le grand prix du public et le Grand Prix du jury. Le synopsis est aussi simple que le message est fort. En cinq portraits, Jean-Paul Mari révèle la douleur de la guerre. Celle qui a frappé un jour ces quatre homme et cette femme pour les blesser de l’intérieur. Le tabou est dur à briser. Les militaires, les humanitaires, les reporters n’ont aucun intérêt à rendre public leur trauma. Ils le nient souvent – mais « si on affronte pas la douleur de la guerre, reconnait Jean-Paul Mari, elle nous tue ».
L’homme est bien placé pour le savoir : si ses reportages l’ont amené à couvrir depuis 25 ans tous les conflits du globe, c’est en Irak en 2003 qu’il est fauché. Un éclat d’obus atteint mortellement l’un de ses confrère au ventre. Il assiste au drame mais ne se doute pas que lui aussi sera touché. Ce jour là, la blessure lui a percé le cerveau, faisant de lui un « damné de la guerre », sans blessures apparentes. Son livre puis aujourd’hui son film s’attachent à analyser ce mécanisme pour prouver que tout blessé peut s’en sortir s’il accepte de regarder sa douleur en face.
Un film sur la reconstruction et sur la force morale. A diffuser à tous les vétérans du monde.
« Sans blessures apparentes », documentaire de Jean-Paul Mari, réalisé par Jean-Paul Mari et Franck Dhelens, production Mano a Mano avec la participation de France Télévision, 63’.
Expositions
Cartooning for Peace à La Réunion

Après Boston, Cartooning for peace s’envole pour la Réunion.
Depuis octobre 2005 et l’affaire des caricatures de Mahomet, beaucoup d’eau à couler. Beaucoup d’encre aussi. Le 16 octobre 2006, à l’initiative de Plantu et Kofi Annan, alors secrétaire général des Nations-Unies, un colloque « Désapprendre l’intolérance » s’est tenu à New York, au siège des Nations Unies, en parallèle d’une exposition « Dessins pour la paix ». Ils sont alors 12 dessinateurs.
Près de quatre ans plus tard, l’initiative est devenu un mouvement : le collectif compte 76 cartoonistes venus des cinq continents, l’association loi 1901 est reconnue d’utilité publique, et l’exposition fête sa 30e destination. Un succès foudroyant ? Oui, mais qui a toujours besoin de votre soutien.
Afin de promouvoir une meilleure compréhension et un respect mutuel entre des populations de différentes croyances ou cultures, et d’apporter protection et assistance juridique aux dessinateurs de presse travaillant dans des contextes difficiles, Cartooning for peace reçoit les dons d’entreprises comme de particuliers. A moins que vous ne soyez mécène ? Pour ma part, j’engage les paris : avant fin 2010, un gentil parrain aura apporté un peu de pain à notre jolie colombe de la paix. Vous peut-être ? Chiche !
Ile de La Réunion
Du 23 avril au 1er mai, présentation de « Dessins pour la Paix » et rencontres sur la liberté d’expression et le métier de dessinateur de presse avec la participation de Plantu et Caro.
Rennes
Du 23 juin 2010 au 9 janvier 2011, exposition « Dessins de presse à la Une » au musée Les Champs Libres.
Notre histoire, Bosnie-Herzégovine 1992-1995
Vous n’étiez pas au vernissage du 6 avril 2010 ? Parfait, vous découvrirez cette exposition dans de meilleures conditions encore.
Entre 1992 et 1995, la guerre de Bosnie a causé la mort de 100 000 personnes dont plus de 50 000 civils. Des images nous parvenaient – mais voulait-on savoir ?
15 ans après, le centre André Malraux de Sarajevo a souhaité commémorer cette page douloureuse de l’histoire bosniaque. Du 18 décembre 2009 au 15 janvier 2010, dix-huit grands noms du photojournalisme ont été réunis. Sous la direction du commissaire d’exposition Laura Serani, les reportages d’Alexandra Boulat, Patrick Chauvel, James Nachtwey ou encore Laurent Van Der Stockt pour ne citer qu’eux, se sont fait écho.
La page est-elle pour autant tournée ? Que nenni ! Elle ne fait que s’ouvrir. L’exposition est aujourd’hui présentée à Paris, à la Galerie Agnès B. Laura Serani a retenu une écriture par photographe. Emmanuel Ortiz légende ses photos, Luc Delahaye opte pour le format carte postale. Question de choix. Certains, plus proches de la photo plasticienne n’hésitent pas à séquencer l’image, d’autres à se limiter à un seul panneau où les vignettes se succèdent façon planche-contact, d’autres encore à agrandir leurs photos jusqu’à les livrer en format XXL, à hauteur d’homme. Que retient-on ? Au hasard parmi tant d’histoires immortalisées, l’hôpital de campagne d’Alexandra Boulat, une table d’opération posée incongrue sur une route au milieu de nulle part, et l’affiche de Laurent Van der Stockt saisie sur un mur bosnien criblé d’éclats. Ici, tel un message, seule la main tendue d’une enfant demeure encore intacte.
Exposition
Galerie Agnès B., 15-17 rue dieu - 75010 Paris. Jusqu’au 3 mai 2010, du lundi au samedi de 14h à 19h.
Concert de clôture
Carte blanche à Rodolphe Burger, avec la participation de Jacques Higelin, Rachid Taha, Lou, Dominique Mahut, Julien Perraudeau, Arnaud Dieterlen et Hakim Hamadouche, le 3 mai 2010 à 20h à l’Alhambra, 21 Rue Yves Toudic - 75010 Paris. Réservation par téléphone 01 40 20 40 25. Prix des places : 28€.
aides à la production
La presse va mal. Chaque rédaction cherche le système D. Baisser la voilure, déjà, développer les ressources publicitaires, ensuite, penser malin, enfin. Une valse étrange est engagée. Une valse à trois temps - ou un cercle vicieux ? Au premier temps, on écrase les budgets consacrés au grand reportage, au journalisme d’investigation et à la photo ; au deuxième, on développe son site internet ; au troisième, on encourage ses rédacteurs à se transformer en JTS – « Journaliste Tout Support ». Le bal est ouvert… mais l’info trinque.
Face à ce constat, une initiative privée vient de créer en Belgique un fonds de soutien pour le journalisme. Les projets de reportages (texte, photo, radio ou audiovisuel) susceptibles d’être financés concernent les journalistes professionnels, qu’ils soient indépendants ou salariés. Une première ? Non, les Etats-Unis apparaissent comme précurseurs avec le fonds Pro Publica. Quant à la France, l’association Presse et Pluralisme créée en décembre 2007 devait en prendre le même chemin, mais la chose ne fut pas si facile que cela à mettre en place. Les sites d’infos sauront-ils alors prendre la relève de cette belle initiative ainsi que l’indiquait Arrêt sur images en mars dernier ? Gageons-le ; le jeu en vaut la chandelle.
Pour aller plus loin, l’article de Rue 89 Un prix Pulitzer pour Pro Publica, un site à but non-lucratif
Aides à projets et autres prix à connaître (liste non exhaustive)
· Fondation Jean-Luc Lagardère : œuvre littéraire, presse écrite, photo, création numérique, documentaire audiovisuel
Bourses de la Fondation
· FIGRA : grand reportage d’actualité et documentaire de société
Thématiques et prix
· Prix Bayeux des Correspondants de guerre : presse écrite, télévision, radio, photojournalisme
Prix Bayeux Correspondants de guerre
· SCAM : images fixes, images animées, texte, radio
Images, bourses d’aide à la création, photographie, illustration, dessins de presse
Prix SCAM Roger Pic, reportage (photographies de presse, portraits)
Brouillon d’un rêve journalistique, presse écrite
Brouillon d’un rêve audiovisuel, documentaire de création
Brouillon d’un rêve numérique, création numérique
Etoiles de la SCAM, œuvre audiovisuelle diffusée ou éditée en DVD
Prix Joseph Kessel, œuvre littéraire
Prix Albert Londres, presse écrite et œuvre audiovisuelle
· Visa pour l’image : photojournalisme
Sept catégories
· World Press Photo : photojournalisme
www.worldpressphoto.org
Mais aussi
Aides du CNC, création audiovisuelle et multimédia
Aides régionales, nationales ou européennes recensées par le CNC, création audiovisuelle et multimédia
Bourse du talent, photographie et petites oeuvres multimédias
Fondation Audiens, photojournalisme pour cette année 2010
Prix Charles Gide du meilleur reportage en économie sociale, presse écrite (réservé aux étudiants en dernier année d’école de journalisme)
Mémo
Toujours à l’affiche
« Haïti, janvier 2010. Pierre Terdjman et Jérôme Sessini, regards croisés de deux photojournalistes », Ministère de la Culture et de la Communication, 182 rue Saint-Honoré, Paris 1er, jusqu’au 28 mai 2010. Pour en savoir plus
Faire sa BA
« 101 photos pour la liberté de la presse », l’album des 25 ans de Reporters Sans Frontières en partenariat avec Magnum photos, en vente en kiosque à partir du 29 avril 2010


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