Galerie & mag
Avec ce rose indien qui accroche œil, la couverture de Polka éclate, surprend, s’impose, bouleverse les codes. La photo ? les mannequins Antonia et Simone Daillencourt présentant les créations couture de Jane Derby devant la devanture d’un barbier dans le New-York des années 60. William Klein saisit la couleur : un magenta pour toile de fond sur lequel se détachent le vert forêt d’une robe tulipe et le rouge vif d’une robe ballon. Audacieux... et quelle force !
Pour son cinquième numéro, Polka, le magazine qui rend à la photo ses lettres de noblesse, ose une fois de plus, tandis que son ambition s’affirme. Premier dos carré-collé, 130 pages au lieu de 118, papier plus épais. A l’honneur de ce sommaire estival, on découvre William Klein raconté par lui-même, mais aussi des sujets plus engagés, tels la Birmanie de Steve McCurry, la survie à Mogadiscio avec Franco Pagetti ou encore le reportage d’Annie Merchandier immortalisant le cri désespéré mais digne des employés d’Eurocel, réunis sur la plage de Cabourg, valise à la main, trois mois après la fermeture de leur usine, pour nous rappeler que non, la crise n’est pas qu’une abstraction économique.
Mode, opéra, guerre, mouvements sociaux, les sujets sont multiples. Pourtant, de la photographie d’art au grand reportage, Polka suit une seule et même ligne : rendre aux photographes la reconnaissance qu’ils perdent dans la presse écrite. Dimitri Beck, son rédacteur en chef, revendique d’ailleurs cette démarche militante. Avec un beau magazine, certes mais bien plus encore, avec une galerie et avec un site afin d’offrir aux grands noms de la photographie une visibilité maximale. Parce que reconnaître passe nécessairement par le faire connaître. Et vous alors, me direz-vous, dans tout cela ? Mais la ronde vous est ouverte justement ! Sa galerie vous attend et avec elle, l’exposition des photographes de l’été 2009. Pour l’émotion brute de l’agrandissement XXL à contempler dans un lieu surprenant, hors du temps tel un jardin suspendu. "Chaque photo a son histoire"... pour une découverte, un enchantement, un coup de foudre.
Pour en savoir plus, deux sites à consulter d’urgence :
* Polka, la revue du photojournalisme, http://www.polkamagazine.com/ * Polka Galerie, http://www.polkagalerie.com/expos/
Livre
Quand les média se concentrent uniformément sur la date anniversaire du débarquement du 6 juin 1944 et celle de l’appel du 18 juin 1940, peut-on prétendre à découvrir encore tout un pan de l’histoire de la seconde guerre mondiale ? Oui, et l’auteur Biyi Bandele le prouve aisément. En dédiant La drôle et triste histoire du soldat Banana aux "500 000 soldats de la Royal West African Frontier Force et des King’s African Rifles qui ont servi aux côtés des forces alliées pendant la Seconde Guerre Mondiale", il nous plonge, à travers le regard d’un jeune soldat nigérian de 14 ans, dans l’apocalypse d’une jungle tant étrangère qu’hostile. Le titre donne d’emblée le ton du récit. On oscille du comique au tragique, guidé tantôt par l’ignorance la plus naïve, tantôt par la folie la plus violente, tandis que le destin individuel d’un adolescent candide au désir aveugle de reconnaissance explique l’histoire d’une armée méprisée, oubliée, abandonnée, en prise constante avec un ennemi invisible, en occurrence, des soldats japonais entraînés et kamikazes. Biyi Bandele s’inscrit dans une approche d’autant plus singulière - et intimiste - qu’elle s’avère empreinte des souvenirs de récits de son père, un "burma boy", marqué à jamais par ses années de jeunesse au cœur de la jungle birmane.
Biyi Bandele, La drôle et triste histoire du soldat Banana, Grasset, 2009.
Expo
Espagne, février 1936, le mois où l’histoire bascule : Ce sont les élections et la victoire du Front populaire, puis le push militaire et les premiers combats. La Guerre civile éclate à Barcelone, théâtre du feu croisé entre les Insurgés et les Républicains. Elle durera trois années : engagement de tous les hommes, bombardements des villes par l’Allemagne et l’Italie en soutien à Franco, cruelle absence de la France et de la Grande-Bretagne, entrée massive des femmes dans la résistance, chaos du front du nord, puis défaite des antifascistes, exode et enfin exil... 70 ans après l’arrivée de Franco au pouvoir, l’Hôtel de Sully rend hommage aux combattants de la liberté en accueillant le reportage de l’un des rares photographes témoins de l’horreur, Agusti Centelles. Journal d’une guerre et d’un exil, Espagne-France 1936-1939 mérite d’autant plus d’intérêt que ce fonds a été exhumé trente ans après avoir été caché à Carcassonne, de la fuite de Centelles pour échapper à la Gestapo en 1944, à la mort de Franco en 1976. De la centaine de clichés de la guerre civile à ceux, inédits, du camp de Bram dans l’Aude où furent emprisonnés en 1939 durant plusieurs mois des réfugiés espagnols, l’exposition révèle le factuel, la vérité aussi brute que crue d’une histoire trop souvent tue.
Agusti Centelles, Journal d’une guerre et d’un exil, Espagne-France 1936-1939, Jeu de Paume, Hôtel de Sully, 9 juin - 13 septembre 2009. Informations : www.jeudepaume.org
Concours
Depuis 1995, le Prix HSBC pour la Photographie créé sous l’égide de la Fondation de France accompagne chaque année deux jeunes talents photographiques. Certes, mais encore, concrètement ? Le concours s’adresse à des photographes :
* Contemporains, vivants, indépendamment de leur nationalité ou de leur âge * Travaillant sur des représentations du réel, sans exclusive de mode de traitement ou d’approche * N’ayant pas, à ce jour, édité d’ouvrage monographique
Si vous vous reconnaissez, constituez un dossier comprenant :
* 15 à 20 photographies (tirages papier, argentique ou numérique, non encadrés - pas d’ektas) -d’un format 30x40 cm maximum * un court texte de présentation de son travail photographique * un curriculum vitae (coordonnées, formation, travaux réalisés, expositions, observations) * Un CD reprenant ces images en format JPEG, 300 DPI, et leur légendes (si possible), ainsi que le CV (pas de PDF) * Le formulaire de candidature dûment complété et signé (téléchargeable sur http://www.hsbc.fr/1/2/prix-photographie)
Quant à la nature de l’aide, HSBC soutient chaque année ses deux lauréats en :
* coéditant avec Actes Sud dans la "Collection du Prix HSBC pour la Photographie" un ouvrage monographique sur chacun d’entre eux ; le choix des photos reproduites s’effectue avec le lauréat sous la responsabilité du Directeur artistique de la collection et du Conseiller artistique pour l’année en cours. * organisant, durant les dix-huit mois qui suivent la sélection des lauréats, l’exposition collective de leurs œuvres. * assurant au lauréat l’acquisition de six œuvres minimum par HSBC France pour un montant total de 5000 euros, afin de progressivement constituer son fonds photographique.
Serez-vous lauréat 2009 ? La balle est dans votre camp - à vous de jouer !
Pour en savoir plus : http://www.hsbc.fr/1/2/prix-photographie. Contact : 01 40 70 27 13 - email : prix@hsbc.fr
Festivals
De quoi sera fait votre été ? Si vous ne le savez pas encore, c’est le moment de vous décidez : Arles (juillet), Lussas (août) ou Perpignan (septembre)... les inscriptions se font dès maintenant ! Pour en savoir plus :
* Les Rencontres d’Arles - Photographie, 40ème édition. Semaine pro du 7 au 12 juillet, www.rencontres-arles.com * Les Etats Généraux du Film Documentaire (Lussas), du 16 au 22 août 2009, www.lussasdoc.com * Visa pour l’Image (Perpignan). Semaine pro du 31 août au 6 septembre 2009, www.visapourlimage.com

Commentaires
aucun commentaireajouter commentaire